Sénégal | Dette : l’ombre de Lazard crée de l’effervescence à Dakar

Sénégal | Dette : l’ombre de Lazard crée de l’effervescence à Dakar

Le Sénégal s’apprêterait à confier à la Banque d’affaires Lazard un rôle de conseiller financier sur sa dette souveraine, selon plusieurs sources proches du dossier citées par les agences Bloomberg et Reuters. L’arrivée attendue de la banque d’affaires renforce les anticipations d’un réaménagement de la dette sénégalaise, mais son mandat exact n’est pas encore établi.

Lazard est connu pour être l’un des grands spécialistes mondiaux des restructurations de dettes souveraines. Et il a une expérience africaine plutôt solide. Le cabinet a conseillé entre autres, la Zambie et le Ghana dans la gestion de leurs crises de dette, ainsi que le Tchad et le Mozambique. Sa réputation dans ce domaine suffit donc à alimenter les spéculations dans le microcosme dakarois sur les options étudiées par le gouvernement, qu’il s’agisse d’un rééchelonnement, d’un reprofilage ou d’une restructuration plus large.

Le recours à cette banque d’affaires ne signifie toutefois pas qu’une telle opération a déjà été décidée. A date, rien n’est tranché. Le cabinet parisien Global Sovereign Advisory, qui conseille le Sénégal depuis plusieurs années, continuerait par ailleurs d’accompagner le pays. S’il se confirme, Lazard viendrait renforcer le dispositif, et non le remplacer.

Ceci étant, l’urgence pour le Sénégal est factuelle. Depuis la découverte, en 2024, de plusieurs milliards de dollars d’emprunts qui n’apparaissaient pas dans la comptabilité officielle, la dette publique a été réévaluée à plus de 130 % du PIB, bien au-dessus du plafond UEMOA de 70 % du PIB. Le FMI a suspendu son programme de prêt de 1,8 milliard de dollars, tandis que les agences de notation ont dégradé la note souveraine du pays, désormais classée dans la catégorie spéculative.

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Sur les marchés, les obligations du Trésor sénégalais en devises restent sous pression. Les titres arrivant à échéance en 2033 et 2048 ont notamment sous-performé leurs homologues des marchés émergents jeudi 15 juillet, révèle Bloomberg.

Faute d’un accès « aux conditions acceptables », aux marchés internationaux, Dakar s’est davantage tourné vers le marché régional des titres publics de l’UEMOA. Mais la demande y faiblit également pour les émissions de long terme, ce qui réduit les options de financement du gouvernement. Le budget 2026 prévoit environ 5490 milliards de francs CFA (9,6 milliards de dollars) au titre du service de la dette. Ce montant comprend toutefois les intérêts et les remboursements du capital, et ne correspond donc pas uniquement au coût des frais financiers adossés à la dette.

theafricantribune