Cameroon road corridor Douala Bangui gets funding boost
Le corridor économique reliant Douala à Bangui vient de franchir une étape décisive avec l’annonce d’un premier financement de 425 millions de dollars américains. Cette initiative, portée par la Banque mondiale, vise à rénover et moderniser les 800 kilomètres de route qui relient le Cameroun à la République centrafricaine. Les travaux devraient débuter dès l’année prochaine, marquant une avancée majeure pour l’infrastructure régionale.
Modernisation et automatisation au cœur du projet
Ce projet phare, destiné à transformer le corridor Douala-Bangui, introduira des innovations technologiques pour rationaliser les opérations de transport. Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics camerounais, explique : « Un système de présélection sera installé sur la voie. Seuls les véhicules suspectés de surcharge seront redirigés vers les stations de pesage automatiques, où les amendes seront directement enregistrées et les reçus imprimés sur place. » Cette automatisation devrait réduire considérablement les délais de transit et éliminer les pratiques abusives.
Actuellement, un trajet entre Douala et Bangui, long de 1 400 km, prend entre 9 et 12 jours, principalement en raison de l’état dégradé de la route et des nombreux postes de contrôle informels – jusqu’à 17 selon les estimations de la Banque mondiale. La première phase du financement sera principalement allouée au Cameroun, avec un montant de 425 millions de dollars, tandis que la Centrafrique bénéficiera de 90 millions de dollars. Un appui régional sera également accordé à la Cemac pour préparer les étapes ultérieures du projet.
Un impact économique et social significatif
Les retombées attendues de ce corridor modernisé sont multiples. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics du Cameroun, détaille les principaux axes d’intervention : « La reconstruction de la route Yaoundé-Douala (215 km), la réhabilitation des sections Yaoundé-Bonis-Ayos (332 km) et Bonis-Bertoua, ainsi que la mise à niveau de l’ensemble du réseau sur 800 km. » Ces travaux s’inscrivent dans une logique de fluidification du trafic des marchandises, qui représentent aujourd’hui 80 % des exportations vers la RCA et 70 % vers le Tchad.
Au-delà des infrastructures, ce projet ambitionne de créer entre 2 000 et 4 000 emplois, directs et indirects, tout au long de sa réalisation. La Banque mondiale souligne que cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de développement économique pour la sous-région, en facilitant les échanges commerciaux et en renforçant la connectivité entre les pays d’Afrique centrale.