Mali : un convoi de 950 camions-citernes arrive à Bamako pour lutter contre la pénurie d’essence

Mali : un convoi de 950 camions-citernes arrive à Bamako pour lutter contre la pénurie d’essence

Un convoi exceptionnel de 950 camions-citernes chargés d’hydrocarbures a arrivé à Bamako, apportant un souffle d’oxygène à une capitale malienne étouffée par la pénurie de carburant. L’arrivée de cet immense cortège, escorté par les Forces armées maliennes (FAMa), intervient alors que les stations-service de la capitale sont prises d’assaut depuis plusieurs semaines et que l’activité économique tourne au ralenti. Le gouvernement de transition entend ainsi démontrer sa capacité à sécuriser les corridors d’importation malgré la pression exercée par les groupes armés sur les axes stratégiques reliant le pays aux ports côtiers.

Une pénurie qui asphyxie l’économie malienne

Dans les dernières semaines, le Mali traverse l’une des crises d’approvisionnement les plus aiguës de son histoire récente. Les attaques répétées contre les convois de citernes ont considérablement ralenti les livraisons et les prix de l’essence sont explosés. Les files d’attente s’étendent devant les stations-service, où le litre d’essence se négocie parfois au double du prix officiel sur le marché parallèle.

Le Mali dépend intégralement des ports de Dakar, Abidjan, Lomé et Conakry pour ses importations de produits pétroliers. Cette configuration logistique, déjà coûteuse en temps normal, devient critique dès lors que les corridors sont ciblés par des attaques. Les groupes affiliés au Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) ont revendiqué plusieurs opérations contre des camions-citernes ces dernières semaines.

La militarisation du corridor pétrolier

Pour acheminer les 950 camions-citernes jusqu’à Bamako, les autorités maliennes ont mobilisé un dispositif sécuritaire de grande ampleur. Les FAMa, appuyées par des moyens aériens, ont sécurisé le trajet depuis la frontière sud du pays.

Cette militarisation a un coût. Elle mobilise des ressources militaires considérables et renchérit mécaniquement le prix du carburant à la pompe. Elle traduit aussi la difficulté persistante des autorités de transition à rétablir la libre circulation sur l’ensemble du territoire.

Une équation régionale à haut risque

Au-delà de l’urgence immédiate, la crise pétrolière malienne met en lumière la vulnérabilité structurelle des économies sahéliennes enclavées. Le Burkina Faso et le Niger, partenaires du Mali au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), sont exposés à des dynamiques similaires.

Toute perturbation prolongée sur les corridors ouest-africains menace de faire vaciller l’ensemble de l’espace, avec des répercussions sur les prix alimentaires, l’électricité produite à partir du gasoil et l’activité minière.

Pour aller plus loin

Le gouvernement de transition évoque la constitution de stocks tampons et l’accélération de projets de raffinage local, mais ces chantiers relèvent du moyen terme. Dans l’intervalle, chaque convoi acheminé devient un événement politique autant qu’économique.

theafricantribune